Le deuil
Turkan SAHIN

Turkan SAHIN

Miroir

Le deuil

01 Haziran 2019 - 18:25

Chacun est amené à le vivre, mais sa réalité reste taboue. Il se vit au quotidien, dans nos relations familiales, amicales et professionnelles. Il dérange notre société de la performance dans laquelle la solidarité et l’entraide ont peu de place. La vulnérabilité est écartée ou rejetée. 

Vivre aux côtés d’une personne en deuil est difficile sans connaissances, sans savoir quelles réactions sont normales ou pathologiques, ce qui aide ou blesse. Le deuil est enfin, un enjeu de société. Il a un impact sanitaire, familial et économique dont les politiques publiques doivent prendre la mesure car, le deuil altère le fonctionnement cognitif, les capacités de concentration. On en parle beaucoup de deuil compliqué ou difficile et ceux-ci tiennent à différents facteurs. Bien sûr, il y a d’abord la nature même du décès, lorsque vous perdez quelqu’un dans un homicide ou un suicide, l’impact est très fort. 

La nature de la relation que l’on entretenait aussi avec ce proche est déterminante. Lorsque l’on avait avec lui des conflits permanents, on peut être amené à vivre son deuil avec un grand sentiment de culpabilité. 

Il y a aussi le cas des personnes qui vivent cette perte sur un fond de vraie dépression ou qui avaient en plus des problèmes de santé. Quand vous avez perdu un enfant, le chagrin peut s’installer pendant de nombreuses années. En sortir est un processus très lent. On peut avoir le sentiment d’être incompris, un grand nombre d’endeuillés le partagent. À qui, à quoi l’attribuer ? Premier fait incontestable, dans une société où l’on encourage la maîtrise et l’acquisition, perdre n’est pas une affaire simple. 

Du coup, dans un souci pédagogique, certains s’en tiennent à l’idée que faire son deuil est un processus modélisable, valable pour tous et a priori assimilable de manière express. 
Réapprendre à goûter les plaisirs simples, fonder une association, écrire un livre, des chansons, aimer à nouveau. Autant de preuves qu’on peut continuer à vivre, voire se transformer, tout en ressentant de temps à autre la souffrance de l’absence. Il suffit d’une musique qui passe à la radio, d’une date anniversaire pour que la peine se réveille. Mais l’endeuillé ne doit pas pour autant se voir affublé d’une image de dépressif. Il est tout simplement une personne courageuse qui fait un travail psychique énorme. 

Continuer l’amour auquel on ne veut pas renoncer semble être pour beaucoup d’endeuillés un moteur qui, bien loin de les entraver, leur évite la dépression. Après une phase de choc, des temps de grandes souffrances, une élaboration peut se faire.  Il s’agit alors de passer un nouveau pacte avec la vie ne serait-ce que par respect pour ceux qu’on a perdus : La vie je l’ai, et eux ils ne l’ont plus, résume la psychothérapie. Qu’est-ce que je fais alors de ce temps qui m’est donné ? Pour beaucoup d’endeuillés, cette question appelle des réponses créatives.

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