Douleur
Turkan SAHIN

Turkan SAHIN

Miroir

Douleur

19 Eylül 2019 - 02:28

L'arrivée d'un enfant handicapé complique forcément les relations familiales. Cela complique bien sûr énormément les relations des frères et des sœurs, car les relations au sein d'une fratrie sont faites d'amour mais également de rivalité et de jalousie. Cette jalousie douloureuse, quand elle ne devient pas pathologique, est très constructive pour l'enfant. Mais quand l'un des enfants est touché par un handicap, cette jalousie éprouvée par les frères et sœurs, s'accompagne souvent d'une profonde culpabilité. Car ils peuvent difficilement exprimer tout ce qu'ils ressentent vis-à-vis du nouveau venu, qui n'est pas comme les autres. D'autant que pour les parents, l'annonce d'un handicap est toujours une nouvelle terrible, difficile à accepter, difficile à assumer. L’enfant handicapé occupe une place très lourde et monopolise évidemment beaucoup plus ses parents, ses frères et sœurs ont parfois l'impression d'être oubliés. Ils ont le sentiment qu'ils intéressent moins leurs parents, alors certains vont se sentir obligés d'être parfaits. Ce sont des enfants qui ne se plaignent jamais. Quelque part, ils s'investissent d'une mission qui est de restaurer une partie du narcissisme que leurs parents ont perdu. Car il faut bien comprendre que la situation que vivent les parents est très douloureuse. Et les enfants ont spontanément envie de venir au secours de leur papa ou leur maman qui ne va pas bien, ils ont envie de les rassurer dans leur chagrin. C'est pourquoi il est très important de maintenir le dialogue. Si personne ne parle, c'est une catastrophe. Une autre chose importante, c'est de faire attention de ne pas privilégier l'enfant handicapé. Quand il se dispute avec son frère ou sa sœur par exemple, ce n'est pas toujours un service à lui rendre que d'intervenir systématiquement en sa faveur. Comme tous les autres enfants, il a lui aussi besoin de cadre et de limites, et besoin de rivalité avec ses frères et sœurs pour se construire.  Les frères et sœurs d'enfant handicapé apprennent en effet à le considérer autrement que comme une personne handicapée que la société montre du doigt. Ils ont d'ailleurs beaucoup à apprendre de lui et il leur offre cette richesse d'un autre regard. Ils apprennent qu'être différent, ce n'est pas forcément être moins bien. Tout dépend évidemment de la façon dont les parents font passer le message, s'ils ont réussi à prendre la distance nécessaire pour parler avec sérénité de ce qui arrive à leur famille. Mais quand c'est possible, leurs enfants en retireront une immense intelligence du cœur. Mais pour autant, attention de ne pas confier aux frères et sœurs d'enfant handicapé, des responsabilités qui ne sont pas les leurs. Ils ne doivent pas se transformer en béquilles. Et surtout, ce n'est pas à eux, plus tard, quand ils seront adultes avec des parents vieillissants, de prendre en charge leur frère ou leur sœur. Même si cela est certainement très éprouvant, c'est à eux de prévoir la prise en charge de leur enfant handicapé quand ils ne seront plus là. L’enfant porteur d’un handicap demande plus de soins, de temps, d’attention et de fatigue qu’un autre enfant. Les frères et sœurs sont souvent très responsables, ils ne veulent pas ajouter leurs peines à celles de leurs parents. Ils gardent pour eux leurs souffrances et leurs questions. Il est bon qu’une personne extérieure les prenne séparément pour entendre leurs questions, professionnel, grand-parent, tante, oncle, pour leur dire qu’ils ont le droit de vivre pleinement leur vie à eux, tout en prenant soin de leur frère ou sœur handicapé à la mesure de leurs possibilités. Pourtant, les parents doivent veiller à ne pas se focaliser sur lui et à rester disponibles, autant que possible, pour leur couple et pour les autres enfants. C’est un vrai défi.

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