Les formes du lien social
Melike Esma Şahin

Melike Esma Şahin

Reflexion

Les formes du lien social

17 Ekim 2018 - 12:51

Dans les sociétés traditionnelles, comme en France avant la Révolution française, la solidarité est mécanique. Le lien social repose sur le fait que les individus sont semblables : ils partagent les mêmes valeurs, et intériorisent très tôt les mêmes normes et valeurs car ils sont très attachés à la tradition qui guide leur comportement. La contrainte sociale est très forte : toute dérogation aux règles est en effet une menace pour la société toute entière. Il est donc difficile de se soustraire à la tradition, aux normes en vigueur. La différenciation des individus est très faible, et les sanctions du groupe contre les déviants sont violentes. Les sociétés où dominent la solidarité mécanique ne sont pas des sociétés individualistes, mais plutôt communautaires, dans le sens où l’individu n’existe pas en tant que tel, mais en tant que membre du groupe : son intérêt est le même que celui du groupe, sa conscience individuelle correspond à la conscience collective (le concept de consciences collective renvoie globalement à l’ensemble des normes, des valeurs, des croyances en vigueur dans le groupe). La solidarité mécanique est donc une forme de cohésion sociale qui repose sur la similitude des membres de la société, leur respect des normes et des valeurs traditionnelles, propre aux groupes faiblement différenciés.

Dans les sociétés modernes (en France : après la Révolution industrielle), en revanche, la solidarité est organique à l’image du corps humain et de la biologie. Il y a une division sociale du travail : les individus se différencient (spécialisation de chacun dans une activité) et deviennent de ce fait interdépendants. La différenciation des tâches liée à la division du travail dans les sociétés industrielles permet un développement des consciences individuelles au détriment de la conscience collective : chaque individu se sent différent des autres, en quelque sorte unique. Les individus ne sont plus exactement similaires et leurs différences favorisent leur autonomie, c’est-à-dire leur capacité à décider par eux-mêmes et pour eux-mêmes. L’individu prend donc de l’importance par rapport au groupe, il acquiert davantage d’autonomie. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a plus de contrôle social, plus de normes et de valeurs dominantes. Celles-ci sont devenues moins contraignantes. Chez Durkheim, c’est donc la division du travail qui crée du lien social. C’est même là sa fonction essentielle. C’est cette division du travail qui crée une interdépendance entre tous les membres de la société, élément essentiel de l’intégration. Cependant, une division du travail trop poussée ou développée dans l’unique but d’améliorer la productivité du travail peut conduire à la destruction du lien social. La division du travail peut devenir « pathologique » si elle est poussée à l’extrême. La solidarité organique est une forme de cohésion sociale, qui repose sur l’interdépendance des individus, dans les sociétés fortement différenciées.

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