Conflits sociaux et cohésion sociale
Melike Esma Şahin

Melike Esma Şahin

Reflexion

Conflits sociaux et cohésion sociale

15 Şubat 2018 - 16:47 - Güncelleme: 07 Nisan 2018 - 21:29

Les conflits sociaux se définissent par l’opposition, parfois violente, entre acteurs sociaux et dont l’enjeu se situe au niveau de la collectivité toute entière. Alors que les conflits sociaux sont souvent présentés comme le signe d’un dysfonctionnement social, on peut aussi montrer qu’ils participent à la cohésion sociale (situation dans laquelle les membres d’un groupe ou d’une société sont liés entre eux par un ensemble de relations sociales et de normes collectives qui participent à assurer son unité). Nous montrerons tout d’abord que les conflits sociaux sont facteurs d’intégration sociale, puis qu’ils permettent de renforcer les liens entre groupes sociaux aux intérêts divergents.

Les conflits sociaux sont facteur d’intégration sociale. La participation à un conflit social exprime une volonté de marquer son appartenance à des normes et valeurs caractéristiques d’un groupe social. L’opposition, l’adversité sont autant d’éléments source d’une plus forte solidarité entre les membres d’un groupe. Un conflit social est donc un moyen de renforcer les liens de soutien et d’entraide entre les membres d’un groupe, et donc de conforter sa cohésion autour d’objectifs communs. En outre, l’action collective est un moment de socialisation important au cours duquel les membres d’un collectif intériorisent des normes et des valeurs collectives et développent un sentiment d’appartenance. Ainsi, le mouvement de mai 1968 aurait contribué à créer une « génération 1968 ». De même, les conflits du travail sont un moyen pour renforcer la solidarité au sein de l’entreprise entre les salariés, notamment au sein des grandes entreprises. Ainsi, selon Marx, la prise de conscience de leurs intérêts communs permet aux ouvriers de se constituer en une véritable classe sociale.

Par ailleurs, les conflits sociaux sont source de cohésion sociale. On observe en effet une relation forte entre la proportion d’entreprises ayant connu une grève et la proportion d’entreprises ayant engagé une négociation en 2009 selon différentes branches professionnelles. Globalement, plus la proportion d’entreprises ayant connu une grève est forte plus la proportion d’entreprises ayant engagé une négociation est élevée. Ainsi, 38,8 % des entreprises de 500 salariés et plus ont connu un arrêt collectif de travail et 93,6 % des entreprises de cette taille ont engagé des négociations en 2008, alors que 5,4 % des entreprises de 50 à 199 salariés ont connu un arrêt collectif de travail et 42,9 % des entreprises de cette taille ont engagé une négociation. En outre, on constate une corrélation positive entre la proportion d’entreprises ayant connu un arrêt de travail et le taux d’aboutissement des négociations en accord. Les conflits sociaux contribuent donc au processus de régulation sociale (processus de production de normes) et à l’émergence de compromis entre des groupes aux intérêts divergents. Ainsi, de façon paradoxale, les conflits sociaux ont une fonction de stabilisation et de résolution des oppositions. Par exemple, mai 1968 a permis que s’engagent des négociations à l’issue desquelles des avancées sociales ont eu lieu et a contribué à modifier durablement l’ordre social et culturel par la reconnaissance de certains mouvements (féministes, écologistes), d’où un renforcement de la cohésion sociale. Les conflits sociaux sont l’expression d’opposition de désaccords entre des acteurs sociaux. Ils contribuent néanmoins à la cohésion sociale parce qu’ils permettent aux individus qui s’engagent dans des conflits de s’intégrer à un groupe social. Ils sont également un moyen de résolution des désaccords entre groupes aux intérêts divergents lorsqu’ils conduisent à des négociations et à des compromis sociaux nouveaux.

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